5 ans déjà !
Il y a 5 ans, ma vie changeait. Grâce à vous !
Le 11 octobre 2021, j’ai créé ma petite entreprise Claire Willem Photographies. Et si en ce 11 octobre 2026, je vous racontais un peu plus mon histoire pour une fois ?
Mais ce qui est fabuleux, c’est que mon histoire, c’est raconter la vôtre !
1/5 - “tu voudrais pas être la photographe de mon mariage ?”Léa, la bonne rencontre
Il y a 5 ans et quelques mois, j’accompagne la classe de mon filleul en sortie scolaire. L’instit s’appelle Léa, je la connais un peu. Elle me demande de venir avec mon appareil car elle a déjà vu certaines de mes photos persos. À l’époque, je suis prof de français et d’histoire-géo en Lycée pro. 8 ans d’enseignement, une vie citadine, un manque de sens, des deuils, un après-covid compliqué…
Pendant cette journée, je m’amuse. Je fais des photos des enfants, je discute de mon envie de vivre ici, dans ce Morvan si beau, si paisible.
Tout au long de cette sortie scolaire, Léa a une demande qui revient : “Tu voudrais pas être la photographe de mon mariage ?” Ma seule réponse : “Non, je déteste les mariages !”. Et oui, il est temps de vous le dire mais “je ne suis pas mariage”. Je n’arrive pas à envisager le couple pour toute une vie, le mot TOUJOURS me terrifie. Et je ne me suis jamais sentie très à l’aise lors des mariages que j’ai pu vivre en tant qu’invitée. Mais Léa insiste, “de toute façon, tu veux arrêter l’enseignement ?” C’est vrai ! Et depuis un moment, l’idée d’être photographe me trotte dans la tête mais sans les mariages, je vais vite me rendre compte que ce n’est pas possible !
Léa avait raison.
Le 11 octobre 2021, Claire Willem Photographies est crée. Dans les jours qui suivent, je signe avec Léa et Valentin et quelques mois plus tard, je réalise ces photos qui ont changé ma vie.
Cette photo est un totem. Prise sans trop y réfléchir alors que Léa ferme les volets, je fais mes réglages très vite pour ne pas laisser s’échapper l’instant, et garder la trace de cette lumière magnifique. On m’a beaucoup demandé de refaire cette photo, mais vous savez quoi ? Ce n’est pas possible. On ne refait jamais deux fois la même photo…
Léa et Valentin. Avec eux, ma nouvelle vie a commencé.
2/5 - Finalement, j’adore les mariages !
Je dois bien le reconnaître, si vous m’engagez en tant que votre photographe de mariage, jamais vous ne devinerez que je n’aime pas les mariages ! Car pour être honnête, vos mariages : je les adore !
J'aime cette intensité folle, cette journée où tout semble un peu plus fort que d'habitude. La fébrilité des préparatifs, la solennité de la cérémonie, la gourmandise du cocktail, les discours qui font pleurer, les chaussures qu'on abandonne sous les tables et la libération du dancefloor !
J'aime être au milieu de tout ça, observer, anticiper, attraper au vol ces petits instants qui deviendront vos souvenirs. J'aime aussi cette place un peu particulière que vous me donnez : je suis là, tout près de vous, dans votre intimité et pourtant je ne suis ni de votre famille, ni de vos amis. Vous me laissez entrer dans vos histoires, et ça, cinq ans plus tard, je trouve toujours ça assez incroyable.
Après la chance que m'ont donnée Léa et Valentin, d'autres rencontres m'ont permis de me lancer. Cathrine et Gérard, du château de Millery, et Charles Traiteur à Liernais, m’ont rencontrée lors de ce premier mariage. Ils ont parlé de moi, proposé mon nom, et grâce à eux, j'ai pu signer mes premiers contrats.
Cinq ans plus tard, je mesure à quel point ces premiers coups de pouce ont compté.
Alors non, je ne suis toujours pas très « mariage » dans ma vie personnelle. Mais photographier les vôtres ? Je ne m'en lasse pas !
3/5 - La prof à l’école
Alors, la prof est retournée à l'école.
Le premier à m'avoir aidée à grandir, c'est Sébastien Roignant, avec sa formation Le Grand Saut. J'y ai appris les bases indispensables pour transformer une passion en un métier.
Et depuis, je n'ai jamais cessé de me former : le 72h, Gardères et Dohmen, Caro Cuinet… Apprendre, questionner, me questionner, découvrir d'autres regards, apprendre à regarder mon travail et observer d'autres façons de travailler.
Mais ces formations ont aussi quelque chose de précieux : elles permettent de rencontrer d'autres photographes.
Parce que c'est assez paradoxal, finalement. Photographe, c'est un métier profondément humain. On observe les autres, on entre dans leur intimité, on raconte leurs histoires, on partage leurs émotions. Et pourtant, c'est aussi un métier très solitaire.
Alors retrouver des collègues, échanger sur nos réussites, nos difficultés, nos doutes, rire ensemble de situations que seuls d'autres photographes peuvent comprendre, ça fait un bien fou ! C’est aussi pour cela que les rdvs pros comme le salon de la photo dont je reviens tout juste où des évènements comme Cocktail sont aussi importants !
Et puis, depuis deux ans, il y a les concours.
J'ai pris mon temps avant de me lancer dans l'aventure Fearless et WPJA. J'avais un peu peur que mes images ne soient pas à la hauteur, qu'elles ne soient pas suffisamment « awardables ».
Mais finalement, les concours, ce n'est pas seulement une histoire de récompenses. C'est aussi une façon de confronter son regard à celui des autres, de se remettre en question, d'oser essayer de nouvelles choses. Bref, de garder sa créativité intacte !
Et ça marche ! Quelle joie d'avoir reçu mon premier Fearless en début d'année !
Voir une de mes images récompensée parmi celles de photographes que j'admire, être reconnue à l'international alors que je travaille depuis mon petit village du Morvan… Parfois, ça donne un peu le vertige !
4/5 - Le Morvan, la solitude, l’équilibre
Il y a cinq ans, je vivais encore en ville et je n'avais qu'une envie : rentrer. Rentrer dans le Morvan où j'ai grandi, m'y installer, y construire ma vie.
Après des années dans la multitude, multitude de la ville, multitude des élèves, des couloirs bruyants, des journées remplies de monde, j'aspirais à la solitude.
Et vous me l'avez offerte, cette solitude si désirée.
Aujourd'hui, je vis dans une petite maison, dans le joli village d'Anost, au cœur du Morvan. J'y travaille la plupart du temps, parce que, contrairement à ce qu'on imagine souvent, la prise de vue ne représente qu'environ 25 % de mon métier.
Le reste du temps, je trie, je retouche, je réponds à vos messages, je prépare nos rendez-vous, je gère mon entreprise, j’écris cet article... Je passe de longues heures seule, devant mon ordinateur, avec le calme de la maison autour de moi.
Et puis, il y a les mariages.
Ces journées où je retrouve la foule, le bruit, les conversations, la musique, les émotions. Où je cours, je ris, je me faufile entre les invités, où je suis partout à la fois. Ces journées qui me demandent une énergie folle et dont je rentre épuisée, à des heures indécentes, mais heureuse.
J'aime autant ces deux facettes de mon métier. L'agitation des mariages et le silence de ma maison. Les rencontres et la solitude. Les moments où je suis au cœur de vos vies et ceux où je retrouve tranquillement la mienne.
Je pense que cette dualité se retrouve dans mes photos.
J'aime les images pleines d'énergie, de mouvement, de monde. Celles où tout déborde, où les corps se croisent, où les émotions explosent.
Mais j'aime tout autant les images plus silencieuses. Les compositions minimales, les espaces vides, les gestes discrets, les émotions retenues.
Je me demande parfois si mes clients comprennent ces photos un peu « vides », celles où il ne semble pas se passer grand-chose. Pourtant, elles sont essentielles à mes yeux.
Elles permettent de respirer au milieu de l'agitation, de laisser une place au silence dans le récit d'une journée si intense.
Elles équilibrent mes reportages comme elles équilibrent ma vie.
Et finalement, je crois que c'est aussi ça, ma façon de raconter vos histoires : ne pas chercher uniquement les grands moments, mais laisser aussi une place aux petits riens.
Mais ne vous inquiétez pas, les grands sentiments ne sont jamais loin. Ils m’arrive de pleurer en triant les photos et en revivant les émotions folles de vos journées. Vous imaginez la scène, je suis seule à la maison, en pyjama et je pleure devant l’ordi. Mais je me dis que si moi je pleure, vous pleurerez aussi. Et quand mes photos vous font rire, pleurer ou revivre une émotion que vous pensiez oubliée, je me dis que j'ai réussi mon travail.
5/5 - Vos histoires racontent la mienne
Léa et Valentin, et plus de 50 autres couples depuis. Comment vous oublier ?
Il y a tous ces petits mots de remerciement qui ornent la porte de mon frigo. Margot et Lucas, Tony et Vanessa (j'ai toujours ton petit bracelet ;-) ), Neala et Matthew, Alicia et Romain, Leonie et Moritz, Julie et Pierre, Nathalie et Jean-Luc, Helen et Glen, Laeti et Joss, Marina et Ladislas, Maelle et Alexandre… et tant d'autres !
Car la véritable richesse de mon métier, c'est vous.
Chaque mariage me plonge dans une histoire différente. Parfois, je photographie des couples de mon village, comme Caroline et Robin ou Morgane et Bertrand. Mais je rencontre aussi des Parisiens , des Dijonnais et beaucoup de couples venus d'ailleurs.
J'ai cette chance incroyable de voyager sans quitter ma forêt ! En cinq ans, j'ai photographié des Anglais, des Américains, des Canadiens, des Allemands, des Hollandais, des Australiens, des Argentins… Et la fête du mariage de Miranda et Connor était tellement folle qu'elle m'a presque donné envie de devenir Écossaise !
Des cultures différentes, des traditions différentes, des familles différentes, des façons de s'aimer et de faire la fête qui ne se ressemblent pas.
Et puis, il y a ce qui revient d'un mariage à l'autre. Ces petits rituels que j'aime retrouver, comme ce moment où je vous rejoins sous le voile pour réaliser ces photos que vous connaissez peut-être déjà.
Elles ont toutes un air de famille, c'est vrai. Mais aucune ne ressemble vraiment à une autre. Parce que derrière chaque voile, il y a un couple différent, une complicité particulière, une histoire qui n'appartient qu'à vous.
Et comme je vous le disais au début de cet article, on ne fait jamais deux fois la même photo.
Cinq ans plus tard, je ne comprends toujours pas vraiment pourquoi les gens se marient.
Mais je comprends parfaitement pourquoi ils veulent une photographe de mariage !
Parce qu'une fois les fleurs fanées, les petits fours mangés, la robe rangée et la musique arrêtée, il reste les souvenirs. Et les photos pour les faire revivre.
Ces regards que vous n'aviez pas vus, ces gestes que vous aviez oubliés, ces personnes qui étaient là, à vos côtés. Ces instants qui ne reviendront pas.
Alors non, Léa, tu ne m'as pas réconciliée avec le mariage.
Mais tu m'as fait découvrir un métier que j'adore.
Et pour ça, je ne te remercierai jamais assez.